Comment il a survécu à la myopathie atypique équine – Partie 1

C’est par souhait de mieux faire connaître la maladie que je vous partage l’expérience que j’ai eu avec la MAE, mon jeune 4 ans rejoint les 15% des chevaux qui sortent de cette intoxication. Un cas d’école d’après les vétérinaires qui l’ont pris en charge et qui ont eu jusque là 100% d’échec face à la maladie.

L’époque de l’insouciance

Une descente aux enfers

Je ne suis pas venue la veille, mon jeune cheval n’a du coup pas eu de ration complémentaire mais je ne m’en inquiète guère, il pâture H24 au pré, l’avant veille j’ai sauté quelques barres avec, c’était une bonne séance, il a à disposition du foin qu’il partage avec 6 autres chevaux, effectivement l’un d’entre eux monopolise le râtelier, mais mon cheval ne maigrit pas pour le moment alors de ça non plus je ne m’en inquiète guère.

Séance 48h avant le diagnostic

Il broute tranquillement tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

C’est en m’approchant de lui pour le ramener à l’écurie que je lui découvre un faciès complètement déprimé, il hennit faiblement à ma présence, je me dis mince il a 20 ans ce cheval ou quoi?!

Il transpire abondamment, respire fort, porte sa tête basse.

Je lui passe le licol, j’hésite ça à l’air grave, que se passe-t-il? Il m’accompagne deux pas et se raidit, incapable de me suivre. Ses muqueuses sont d’un rouge très vif, particulièrement aux yeux.

C’est une urgence vitale, je ne sais pas ce qu’il a, ce qu’il se passe mais j’en suis sûre, c’est une urgence vitale…

 

J’appelle tous les vétos de garde, nous sommes samedi, un jeune vétérinaire me répond, je lui explique du mieux que je peux les symptômes que je perçois, il a 36.2°C en température rectale et il y a des petits hélicoptères au sol…

 

Malgré son état mon cheval continu de manger lentement, il semble très déshydraté, sa peau ne revient pas en place quand je lui pince. Il mange sa ration de grain que je lui apporte en attendant le vétérinaire qui mettra 45 minutes à arriver. Il déglutit mal, mais garde l’appétit, ses flancs gargouilles, il fait un crottin, j’essaie de brasser rapidement mes quelques connaissances en maladie équine….ces hélicoptères au sol….on dirait vaguement cette histoire de myopathie atypique….je me dis “mince la boulette” comme si il avait attrapé une vague maladie exceptionnellement mortelle, comme on peut mourir exceptionnellement d’une gastro entérite…

Ignorance quand tu nous tiens…

Le vétérinaire arrive l’osculte et pose rapidement sa suspicion de diagnostic : la myopathie atypique équine.

Moi ça me parle peu, le super héro vétérinaire est là maintenant, mon cheval ne risque plus rien, le praticien lui, l’air grave “Vous mesurez la gravité? Le pronostic vital est engagé”.

 

En moins de deux mon jeune équidé se retrouve transfusé, on lui passera 2 perfusions à toute vitesse, des seringues de charbon et d’argile, des anti-inflammatoires. Il urine, une urine de couleur vin de noix. Le vétérinaire pose le diagnostic, c’est la MAE, lui prélève un peu de sang et file à la clinique.

Échantillon d’urine : J1

De mon côté tout est allé un peu vite, je me retrouve hébétée avec mon fidèle conjoint portant les perfusions à bout de bras qui s’enchaînent les unes après les autres, mon pauvre destrier qui se fait de plus en plus absent, et une distance de 200 mètres à parcourir avant que la nuit ne tombe pour rejoindre le boxe le plus proche.

 

Débute le long périple. Nous nous arrêtons tous les 3 pas plus ou moins, récompensant mon cheval d’une poignée de foin qu’il a plaisir à manger. Marcher le rebute il faudra une personne à l’avant pour le tirer, une autre à l’arrière pour le pousser, au bout de deux heures nous voilà arriver.

 

Mon cheval est au boxe, épuisé. Nous resterons à le veiller cette nuit là.